Montrez-nous ce que vous avez. Nous vous dirons si c’est suffisant.
ASF publie cette déclaration pour consigner, ouvertement et avec une date, la direction dans laquelle évolue notre modèle d’accréditation. Les établissements travaillant actuellement avec nous, ceux envisageant une accréditation, et toute personne intéressée par la manière dont l’accréditation devrait fonctionner dans les années 2020, devraient la lire.
Pourquoi nous publions cette déclaration
L’accréditation a un problème de paperasserie. Partout dans le monde, des établissements — hôpitaux, cliniques, laboratoires — passent des mois à produire des documents qui n’existent que pour la visite d’accréditation et ne sont plus jamais utilisés ensuite. Les évaluateurs arrivent, vérifient le classeur, repartent. Trois ans plus tard, le même processus recommence. L’établissement n’est pas plus sûr. La paperasserie n’est pas plus légère.
ASF a été fondée pour faire les choses autrement. Cette déclaration expose précisément comment notre modèle évolue pour rendre cette promesse réelle.
1. Des preuves fondées sur la pratique — votre paperasserie, pas la nôtre
À partir de 2027, les évaluations ASF ne posent qu’une seule question pour chaque critère : cette pratique a-t-elle lieu dans cet établissement ? La preuve peut être tout ce que l’établissement utilise déjà — une liste de contrôle manuscrite, un formulaire imprimé, un tableau Excel, un dossier numérique, un entretien avec le personnel. Si la pratique est réelle et que le personnel la suit, elle est validée.
Nous ne demanderons jamais à un établissement de créer un document qui n’existe déjà sous aucune forme. Si quelque chose manque réellement, ASF fournit un modèle prêt à l’emploi issu de notre Bibliothèque de documents gratuite, et accorde à l’établissement 90 jours pour l’adopter dans le format qui lui convient. Le modèle est un point de départ, pas un format imposé.
Cela fait évoluer le standard de preuve, dans les sept standards organisationnels ASF, de « politique documentée » à « pratique démontrée, attestée dans le format propre de l’établissement ».
2. Les bons critères — observables, pas documentaires
ASF maintient environ 35 critères évalués par type d’établissement — ciblés, observables, fondés sur la pratique. Chaque critère répond à un seul test : un évaluateur peut-il observer directement si cette pratique a lieu ? Les critères qui ne peuvent être vérifiés qu’en lisant un document — et dont ce document n’a aucun lien direct avec la sécurité du patient — relèvent d’une orientation consultative. Ils restent de bonnes pratiques. Ils ne sont pas des exigences évaluées.
Les sept standards eux-mêmes ne changent pas. Les critères non négociables ne changent pas. Ce qu’ASF a fait — et que la plupart des organismes d’accréditation n’ont pas fait — c’est maintenir le nombre de critères évalués à un niveau où chaque critère peut être observé en pratique et véritablement suivi d’effet. Trente-cinq critères qui comptent, évalués avec rigueur, ont plus de poids que trois cents critères qui diluent l’attention et génèrent de la paperasserie sans améliorer les soins.
L’ensemble complet des critères pour chaque type d’établissement est publié ouvertement sur france-asf.fr/standards.
3. Auto-évaluation continue — trimestrielle, pas triennale
Le cycle d’évaluation de trois ans a été conçu en fonction du coût d’envoi d’évaluateurs dans les établissements. Il n’a jamais été conçu en fonction de la manière dont l’amélioration fonctionne réellement. L’amélioration est continue. Un instantané tous les trois ans ne mesure presque rien de la qualité des soins pendant la période intermédiaire.
À partir de 2027, les établissements accrédités ASF réalisent une auto-évaluation structurée chaque trimestre, à l’aide de l’outil numérique d’ASF. Chaque trimestre se concentre sur un type de preuve différent — documentation, connaissances du personnel, pratique observée, données de résultats — de sorte que sur quatre trimestres, un portefeuille de preuves complet se constitue. La visite de vérification annuelle examine ce portefeuille. L’évaluateur vérifie, il n’enquête pas. La visite dure une journée, pas trois.
Après chaque auto-évaluation trimestrielle, l’établissement voit sa propre courbe de progression. Lorsqu’un critère reste constamment rouge, le système recommande l’action corrective précise — une formation, un outil, un modèle de document — issue de la bibliothèque gratuite d’ASF. L’établissement assume la responsabilité de sa propre amélioration. ASF accompagne ce processus. La visite annuelle le confirme.
Le registre public d’accréditation affichera la tendance d’auto-évaluation de chaque établissement, et pas seulement son statut d’accréditation. La transparence est le mécanisme de redevabilité.
4. ISO 9001 et ISO 15189 — modules complémentaires optionnels
L’accréditation ASF constitue à elle seule un standard de qualité clinique complet. Elle n’exige pas et ne dépend pas d’une certification ISO. Pour les établissements qui souhaitent ou ont besoin d’une reconnaissance ISO — parce qu’un contrat public l’exige, parce que leur comité de gouvernance clinique l’exige, ou parce qu’ils souhaitent la marque reconnue internationalement — ASF propose deux modules complémentaires optionnels.
Disponible pour tout établissement accrédité ASF. Couvre les clauses du système de management de l’ISO 9001 que les critères cliniques d’ASF ne couvrent pas entièrement — contexte de l’organisation, gestion des risques et opportunités au niveau du système, gestion des connaissances organisationnelles. Environ 28 critères évalués supplémentaires. Résultat : attestation ASF ISO 9001 Ready, confirmant que l’établissement répond aux exigences documentées de l’ISO 9001:2026. La certification ISO formelle nécessite de s’adresser à un organisme de certification ISO accrédité. Note éditoriale, 20 septembre 2026 : l’ISO a publié la sixième édition, ISO 9001:2026, le 16 septembre 2026. Les références de cette déclaration ont été mises à jour en conséquence. Le nombre de critères du module est en cours de confirmation suite à cette nouvelle édition ; la liste actuelle est publiée sur la page du module (en anglais).
Disponible pour les établissements accrédités ASF exploitant un laboratoire, ainsi que pour les laboratoires autonomes. Couvre les exigences techniques propres aux activités de laboratoire — processus pré-analytiques, processus analytiques, processus post-analytiques, incertitude de mesure, intervalles de référence, évaluation externe de la qualité. Environ 65 critères évalués supplémentaires. Le Module Management ISO 9001 est un prérequis pour les laboratoires autonomes. Résultat : attestation ASF ISO 15189 Ready. L’accréditation formelle sous ISO 15189 nécessite de s’adresser à un organisme national d’accréditation.
Les deux modules sont conçus comme des compléments à une accréditation existante, et non comme des processus parallèles. Un établissement déjà accrédité par ASF peut ajouter l’un ou l’autre module à tout moment. Lorsque les critères fondamentaux d’ASF satisfont déjà une clause ISO — ce qui est fréquemment le cas — cela est explicitement indiqué dans le texte du critère par une étiquette ISO. Les établissements abordant les modules pour la première fois constateront qu’ils ont déjà parcouru une partie du chemin.
5. Ce qui ne change pas
Sept standards du parcours patient. Les critères non négociables. La publication ouverte de tous les standards. La Bibliothèque de documents gratuite, les outils, la signalétique et les brochures. L’indépendance des décisions d’accréditation vis-à-vis de toute relation commerciale. Le principe selon lequel l’accréditation existe pour améliorer les soins aux patients, et non pour satisfaire le modèle de revenu d’un organisme.
Calendrier
Commentaires et questions
Cette déclaration est publiée ouvertement, car le processus d’élaboration des standards d’ASF est lui-même ouvert. Les établissements, les professionnels de santé, les défenseurs des patients, et toute personne ayant un avis sur la manière dont l’accréditation devrait fonctionner, sont invités à réagir.
Écrivez-nous à info@accreditation.ge avec pour objet Réponse — Orientation stratégique.
Président, Institut de santé publique de Géorgie
Responsable, École de santé publique, Université médicale David Tvildiani
Paris · Genève · Tbilissi · 19 septembre 2026